Agora-é : Une épicerie solidaire pour les étudiants

Face au coût élevé de la vie étudiante azuréenne, l’AGORAé de Nice ouvre ses portes pour la 6ème année ce lundi 2 octobre, afin d’offrir services et activités aux étudiants en situation de précarité.

Développé par la Fédération des Associations Générales Étudiantes (FAGE) en 2011, le projet est porté territorialement par la Fédération des Associations et Corporations Étudiantes des Alpes-Maritimes depuis 2012, un projet « pour les étudiants, géré par les étudiants ».

Cette épicerie solidaire, également lieu d’échanges, de débats et de services associatifs, donne ainsi accès à des produits variés et de qualité à 15% du prix du marché.

Près de 250 bénéficiaires en juin 2017, 7000 euros de produits vendus et 2800 passages en caisse : des chiffres qui ne laissent pas indifférents, d’autant plus si l’on considère que 33% des bénéficiaires de l’AGORAé sautent au moins un repas par semaine et que dans 72% des cas, ces suppressions sont en lien avec leur situation financière. « Quand on voit à quel point l’épicerie marche, nous sommes dans l’obligation de considérer le problème dans son intégralité et le faire remonter, il y a un réel problème de précarité étudiante dans les Alpes-Maritimes ».

Pour bénéficier de l’aide alimentaire, l’étudiant doit procéder au montage d’un dossier composé de pièces justificatives qu’il présente lors d’un rendez-vous, établi instantanément lors de sa venue à l’épicerie qui met en place des permanences. Une fois son dossier accepté, il peut venir faire ses courses et profiter du panier mensuel qui lui est accordé, calculé selon son reste à vivre journalier. Mais l’AGORAé ne doit pas créer une dépendance; ainsi, les porteurs du projet déploient leur énergie pour lutter contre l’exclusion et l’isolement social des bénéficiaires, qui sont incités à réfléchir à leur projet personnel et assister aux différentes activités et ateliers mis en place, qu’il s’agisse de repas à thème (pour le faible coût de 3 euros) ou de sorties en groupe. « Au-delà de carences alimentaires, nos bénéficiaires sont pour la plupart dans des situations de vie inacceptables, nous ne pouvons plus nous contenter d’accompagner, il faut prendre des initiatives et assurer une sécurité, on ne peut pas rester passifs devant des situations de détresse » Camille Doucet, Responsable de l’AGORAé de Nice.